Contexte

 

L’entrée dans les filières de Santé Médecine, Pharmacie, Odontologie et Maïeutique s’effectue depuis quelques années par l’intermédiaire d’un concours commun ayant lieu à la fin d’une année de L1 Santé (PACES). Ce concours permet également d’intégrer des écoles de formation paramédicales (kinésithérapie, pédicurie-podologie et ergothérapie), dont le nombre de places est fixé par des conventions individuelles passées entre ces écoles et notre université. En 2017-2018, 610 places étaient à pourvoir, dont 337 places en filière Médecine (Numerus Clausus).

L’organisation actuelle prévoit, sous certaines conditions, la possibilité pour les étudiants primants n’ayant pas intégré une filière Santé à l’issue du concours PACES, de redoubler. Il se trouve que la totalité des étudiants autorisés à redoubler a été « collée » au concours, mais a été reçue à la L1 Santé (moyenne > 10/20 aux épreuves du concours PACES conduisant à la validation de 60 ECTS). A l’issue de cette deuxième tentative, en l’absence d’intégration d’une filière Santé, l’étudiant doit envisager une réorientation de formation, dans l’université ou ailleurs. Il peut faire valoir sa L1 Santé et intégrer directement une L2.

Notre UFR accueille environ 1650 étudiants néo-bacheliers (primants), qui s’ajoutent aux 650 étudiants ayant été autorisés à redoubler. L’expérience de ces dernières années établit qu’environ 1/3 des places du numerus clausus a été attribué à des étudiants primants, 2/3 à des étudiants redoublants. La chance d’intégration d’une filière Santé (en L2) d’un étudiant est d’environ 35% (21% pour la filière Médecine). Ceci sous-entend que 65% des étudiants doivent se réorienter après les deux ans passés en PACES.

Devant le constat que :

- la majorité des étudiants d’une promotion ne peut intégrer une filière Santé

- parmi la minorité des étudiants intégrant une filière Santé, la majorité le fait en deux ans (2/3)

Certaines UFR d’Ile de France ont réfléchi à modifier l’organisation de la PACES, sous la forme d’une PACES en un an, sans possibilité de redoublement. Le pré-requis à cette réflexion était qu’il n’y ait pas de diminution de probabilité d’intégrer une filière Santé, et qu’il persiste deux chances d’intégration.

Projet PACES en un an

Le projet, tel que présenté, prévoit l’absence de possibilité de redoublement, la deuxième chance s’effectuant non pas au cours d’une nouvelle L1Santé, mais au cours d’une L2 ou d’une L3 dans une autre filière éligible au dispositif (AlterPACES).

Tous les étudiants candidats au concours PACES au cours de la L1 Santé seront donc néo-bacheliers. Ils se verront attribuer à la fin de cette année 70% des places du numerus clausus. 30% des places sera attribué aux étudiants non retenus lors de cette première année via l’AlterPACES soit à l’issue de la deuxième année, soit à l’issue de la 3ème année.

Les étudiants sont-ils gagnants ou perdants ?

La mise en place d’une réforme suscite toujours des craintes auprès des étudiants, avec l’appréhension que la réforme se fasse au détriment de leurs chances d’accès aux filières. Le fait que ce projet est officiellement soutenu par l’ANEMF (association nationale des étudiants en médecine de France) est important à souligner à ce titre.

Pour les étudiants en PACES, la « chance » d’intégrer la L2 en un an sera plus que doublée par rapport au système actuel. Le nouveau système va ainsi profiter aux étudiants échouant de peu avec l’ancien système, qui jusque-là devaient redoubler et passeront désormais d’emblée en L2.

Pour les étudiants intégrant une filière Santé à l’issue de la L2 (AlterPACES) la durée d’intégration de la L2 en filière Santé sera équivalente au redoublement actuel, mais avec la validation d’une L2 dans une autre filière en plus.

Pour les étudiants intégrant en fin de L3 (AlterPACES), ils auront acquis un diplôme supplémentaire qu’ils pourront faire valoir dans leur cursus Santé.

Les étudiants qui n’auront pas été admis en filière de santé (et qui malheureusement sont les plus nombreux, mais ceci est inhérent au numerus clausus) sont ceux qui bénéficieront le plus de ce nouveau système. Ils ne seront ni plus ni moins nombreux qu’auparavant, mais ils auront entamé un vrai parcours licence alternatif qu’ils pourront poursuivre en master.